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Tu as déjà tapé « bien vieillir après 45 ans » dans une barre de recherche ?
Moi, oui et ce que j’ai trouvé m’a sidérée.
Des vidéos aux titres anxiogènes, des articles catastrophistes, une litanie de pertes annoncées comme si passé un certain âge, il ne s’agissait plus de vivre, mais d’organiser une retraite progressive du monde.
Et puis de fil en aiguille, je suis tombée sur le sujet du moment “l’horrible et méchante ménopause” alors là, ça a été l’apothéose : on frôlait le bulletin d’admission en EHPAD, voire la concession au cimetière, bref, on va dire que la découverte a été plus déprimante qu’informative.
Mais, c’était mal me connaître que de penser que j’allais m’arrêter à cette vision pessimiste parce qu’en vérité, avec l’âge, je supporte de moins en moins les injonctions, les dogmes, les vérités posées comme cela hors de leur contexte.
Parce que dans la vraie vie (oui oui, il existe bien une vie hors des réseaux), la réalité y est bien différente : on s’acharne sur les femmes et leur ménopause, on te parle de vieillissement accéléré, mais pourquoi les hommes ne vieillissent pas eux non plus ? Et ces femmes de 80 ans radieuses, en pleine forme, pleines de vie : n’ont-elles pas traversé la ménopause ? Comment ont-elles fait pour y survivre !
Ce que personne ne nous dit, c’est que le vieillissement sera accéléré et difficile pour tout le monde si on ne prend pas soin de soi, ce n’est pas une affaire de ménopause, c’est une affaire de regard et de prise de conscience.
Alors d’où vient ce récit ? Comment en est-on arrivées à faire de la ménopause cette catastrophe annoncée ?
La ménopause : telle qu’on nous la raconte en occident
En Occident, la ménopause, c’est un peu la sorcière de l’ouest du magicien d’Oz, tu sais cette sorcière laide, fourbe, qui cherche à te nuire, qui veut anéantir tout le royaume et dont tu ne débarrasseras jamais !
Bouffées de chaleur incontrôlables, prise de poids inévitable, humeur en montagnes russes, libido en berne, peau qui se relâche, os qui se fragilisent, cerveau qui flanche : la liste est longue, exhaustive, presque complaisante dans le détail des catastrophes annoncées.
On te prépare à une guerre : on te tend un arsenal de traitements, de compléments, de crèmes anti-âge comme autant de boucliers contre l’inévitable en te faisant bien comprendre que de toute manière, tu ne t’en sortiras pas.
Et ce message sous-jacent est encore plus dévastateur que les symptômes eux-mêmes : tu étais fertile, donc utile, tu ne l’es plus, donc tu déclines.
Ce n’est jamais dit aussi crûment, mais c’est encore plus vicieux : il est là, dans chaque article alarmiste, dans chaque publicité pour la crème qui « répare » la peau mature, dans chaque regard condescendant du corps médical qui te parle de « compensation hormonale » comme si ton corps était une machine en panne qu’il fallait rafistoler, comme si la femme avait une date de péremption.
Et nous, les femmes, on a intégré ce récit, on l’a avalé sans le questionner, on arrive à la cinquantaine avec cette conviction sourde que quelque chose se termine, que le meilleur est derrière.
Mais alors comment expliquer toutes ces femmes que je croise dans ma vie, qui rayonnent à 55, 65, 75 ans ? Qui ont plus d’énergie, de clarté, de liberté qu’elles n’en ont jamais eu ? Qui parlent de cette période non pas comme d’une fin, mais comme d’une ouverture ?
Seraient-elles spéciales ? Où auraient-elles simplement refusé le récit qu’on leur imposait ?
Cette question m’a obsédée et m’a conduite à l’autre bout du monde vers une expression que je ne connaissais pas : Le deuxième printemps !

Le jour où j’ai découvert le deuxième printemps
C’est une expression que j’ai croisée presque par hasard, au détour d’une recherche.
En japonais, la ménopause ne s’appelle pas la ménopause. Elle s’appelle “konenki” et elle est associée à l’idée de renouveau, de transition vers une nouvelle saison de vie. Certaines femmes japonaises l’appellent le Deuxième Printemps.
Alors, cette expression m’a interpellé, elle m’a même bouleversée : le printemps, pas l’automne, pas l’hiver.
Le printemps : la saison du réveil, de l’éclosion, de ce qui commence. Deux mots qui renversaient complètement tout ce que j’avais lu depuis des semaines, deux mots qui posaient une question vertigineuse : et si ce n’était pas l’expérience biologique qui était en jeu, mais deux récits culturels radicalement opposés ?
Parce que les chiffres sont là et ils sont troublants : les femmes japonaises présentent historiquement beaucoup moins de symptômes sévères à la ménopause que les femmes occidentales. Moins de bouffées de chaleur, moins de troubles de l’humeur, moins de ce cortège de souffrances qu’on nous présente comme inévitables.
Pendant longtemps la science a cherché une explication uniquement du côté de l’alimentation : le soja, les phytoœstrogènes, la diète traditionnelle japonaise. Alors certes, l’alimentation joue un rôle sans aucun doute, mais cela ne peut pas tout expliquer.
Des chercheurs ont montré que le regard culturel porté sur cette période de vie influence directement la manière dont les femmes la vivent et la traversent.
Ce n’est pas de la pensée magique : c’est de l’anthropologie, de la psychologie, de la neurologie même, notre cerveau traite différemment une expérience qu’il anticipe comme une menace et une expérience qu’il anticipe comme une transition naturelle.
En attendant le printemps, on guette les premières fleurs. En attendant la tempête, on se calfeutre.
Et nous, en Occident : on nous a appris à nous calfeutrer et, tu ne peux pas bien vivre, quelque chose que tu redoutes…
Pourquoi les femmes japonaises vivent la ménopause différemment ?
Quand on parle de la ménopause au Japon, on dégaine très vite le soja, blabla : “c’est normal, elles consomment du soja”, blabla : “c’est facile, elles n’ont pas de symptômes”.
Ce discours m’agace au plus au point : déjà, c’est manqué de respect aux femmes japonaises, moins de symptômes ne veut pas dire simple pour autant. En plus, c’est se poser en victime passive : oui, mais on ne peut rien y faire…
C’est l’explication commode, rassurante, commercialement intéressante et les industriels s’en sont emparés avec enthousiasme : compléments alimentaires aux phytoœstrogènes, laits de soja enrichis, isoflavones en gélules. On a réduit une sagesse culturelle millénaire à une molécule vendable.
Bienvenue dans le monde sans âme du capitalisme.
Mais si c’était aussi simple, il suffirait de boire du lait de soja pour traverser la ménopause en douceur. Et les femmes japonaises qui ont adopté un mode de vie occidental continuent-elles à vivre la ménopause comme leurs mères ? La réponse est non.
Ce qui s’effrite avec l’occidentalisation ce n’est pas uniquement l’alimentation, c’est quelque chose de plus profond : c’est le rapport au temps, au corps, à la vie.
Dans la culture japonaise traditionnelle, le vieillissement n’est pas une déchéance : c’est une progression vers plus de sagesse, plus de liberté, plus d’autorité morale. Les femmes âgées y occupent une place respectée, centrale, désirée même. Elles ne disparaissent pas du paysage social après 50 ans, elles n’ont pas à lutter contre l’invisibilité.
Un corps qui change n’est pas un corps qui trahit, c’est un corps qui traverse les saisons comme la nature traverse les siennes avec une logique propre, une intelligence propre. La médecine traditionnelle japonaise, comme l’Ayurveda ou la médecine traditionnelle chinoise, intègre ces transitions comme des moments de rééquilibrage naturel, pas des pannes, mais des passages.
Et c’est là que ça devient inconfortable pour nous, femmes occidentales. Parce que la question qui émerge est celle-ci : et si une partie de nos symptômes n’était pas seulement hormonale ? Et si notre corps, à travers les bouffées de chaleur, les insomnies, l’irritabilité, nous envoyait un message que nous n’avons pas su où pu entendre plus tôt ?
Et si la ménopause était moins une maladie à traiter qu’un révélateur à écouter ?

La ménopause comme révélateur, ce que cela dit de nos vies actuelles.
Je vais dire quelque chose qui va peut-être te déranger.
Et si la violence avec laquelle certaines femmes vivent la ménopause en Occident n’était pas uniquement une affaire d’hormones, mais le signal d’alarme d’une vie qui ne leur convenait pas vraiment ?
Je ne parle pas de toutes les femmes, je ne minimise pas la réalité biologique, les déséquilibres hormonaux réels, les symptômes qui nécessitent parfois un accompagnement médical sérieux. Tout cela existe et mérite d’être pris en charge avec soin.
Mais je parle de quelque chose que j’observe, que des chercheurs observent, que des femmes reconnaissent quand on leur pose la question sans jugement.
Beaucoup de femmes arrivent à la cinquantaine épuisée. Pas juste fatiguées, mais plutôt vidées : à cause de décennies à porter les autres, à s’effacer, à cocher les cases de ce qu’une bonne mère, une bonne épouse, une bonne professionnelle, une bonne fille devait être.
Des décennies à remettre à plus tard ce qui les faisait vraiment vibrer, à étouffer des élans, des désirs, des colères légitimes.
Et puis, un jour, le corps dit stop (à vrai dire, il avait déjà tenté à plusieurs reprises de nous avertir, mais c’est sans compter sur le tourbillon de la vie et le fameux “ça va passer”, “je m’en occuperai plus tard”, et toutes sortes d’excuses, que l’on s’est toutes données en boucle pendant des années).
Les hormones baissent et avec elles, cette capacité extraordinaire que nous avons, nous les femmes, de nous adapter, de nous plier, de sourire même quand ça ne va pas, de donner quand nous sommes à sec. L’œstrogène est entre autres une hormone de la diplomatie sociale. Quand elle baisse, le masque tombe.
Ce que certains appellent les « sautes d’humeur » de la ménopause : je préfère les appeler une nouvelle honnêteté, tu arrives à un âge, ou ce que tu supportais avant, tu ne le supportes plus.
Ce que certains appellent la fatigue : je préfère l’appeler le bilan d’une vie donnée aux autres.
Ce n’est pas un hasard si tant de femmes traversent des remises en question profondes à cette période : divorces, reconversions professionnelles, déménagements, ruptures avec des amitiés toxiques, retour à des passions abandonnées.
La ménopause comme punition ? Non. La ménopause comme permission enfin de se choisir.
Et c’est exactement ce que les femmes japonaises ont compris depuis longtemps. Le Deuxième Printemps n’est pas une métaphore poétique consolatrice. C’est une invitation culturelle à se réinventer. À laisser derrière ce qui appartenait à la première partie de la vie pour accueillir ce qui appartient à la seconde.
Pas une fin : un passage. Pas une perte : une libération. Pas l’automne : le printemps.
Conclusion
Changer de regard pour changer d’expérience, je le repèrerai indéfiniment : parce que je crois que la ménopause que nous vivons est en partie la ménopause qu’on nous a appris à attendre.
Et si nous avons appris à l’attendre comme une catastrophe, nous pouvons apprendre à l’accueillir comme un renouveau. Ce n’est pas de la pensée positive naïve, c’est un choix culturel, philosophique, profondément politique même.
Choisir d’appeler cette période Deuxième Printemps ce n’est pas nier les symptômes. Ce n’est pas faire l’autruche comme me l’a reproché un commentaire que j’ai eu récemment.
C’est refuser le récit de la décrépitude qu’on nous impose. C’est décider que cette transition mérite d’être traversée avec curiosité plutôt qu’avec terreur.
Les femmes qui vieillissent bien, et elles existent, tu les vois autour de toi ne sont pas des exceptions génétiques. Ce sont des femmes qui ont quelque part, consciemment ou non, refusé ce récit, qui ont choisi de se regarder vivre plutôt que de se regarder vieillir.
Ce blog est né de cette conviction. La conviction que nous avons toujours le choix de la manière dont nous allons vivre les choses, je ne dis pas que cela sera facile, mais je dis que cela est possible, à chacun de trouver son chemin et la force pour le suivre.
Ce Deuxième Printemps n’est pas une promesse. C’est une invitation à prendre ta vie en main et à décider enfin de comment tu vas la vivre.
Petit bonus offert : Mon rituel deuxième printemps
Je te remercie d’avoir lu cet article et je te dis à bientôt, Virginie.
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